Un autre Iran. Mais lequel…

La contestation populaire qui agite l'Iran depuis plusieurs jours et violemment réprimée par le pouvoir des Mollahs vise à la chute d'un régime honni par une majorité d'Iraniens. Mais quelle sera la nature du prochain régime ?

Question cruciale qui inquiète déjà les chancelleries au regard des intérêts en jeu. L'Iran vacille et titube sous les coups de manifestations violemment réprimées par un guide suprême aux abois mais, pour autant, la République islamique d'Iran debout depuis 1979, tomberat-elle sous les coups de la contestation populaire ?


Donald Trump, son droit et son monde


D'aucuns seraient tentés de répondre par l'affirmative, tant le régime accumule des crises successives qui s'ajoutent les unes aux autres. Crises économiques et financières, crises sociales, politiques, religieuses...Bref ! La liste est longue et pourrait ne pas être exhaustive.

Car de l'avis de tous les observateurs, les ayatollahs, à commencer par le premier d'entre Ali Khamenei, semblent avoir épuisé toutes le solutions possibles pour maintenir le régime en place, la répression en cours ne faisant que démontrer les limites d'un pouvoir dépassé par la contestation intérieure et extérieure. Les jours de la République islamique d'Iran sont dont comptés. Certes.


Gueule de bois



Le Compromis et les Sauterelles


Aventure perse

Mais une fois le régime tombé, qui sera en mesure de prendre les rênes d'un pays exsangue ? On peut donc ainsi comprendre l'hésitation teintée de prudence des Occidentaux à s'impliquer plus que par des déclarations outragées au regard des évènements en cours.

Même le va-t-en-guerre Donald Trump, si prompt à déstabiliser le Venezuela, ne songe pas à s'aventurer dans une aventure perse qui rappellerait par ailleurs de mauvais souvenirs à la patrie de l'Oncle Sam, l'ancien Président Jimmy Carter (1977 - 1981) y ayant laissé, en partie, son seul et unique mandat. Parce que l'Iran n'est pas un pays quelconque mais une nation complexe de 89 millions d'habitants, riche de pétrole, d'une multitude de confessions religieuses plus ou moins écrasées par une majorité chiite loin de vouloir se laisser déborder, d'infrastructures pétrolières et portuaires lourdes, d'une jeunesse cultivée et éduquée, d'universités performantes, d'une ouverture maritime sur le Golfe persique stratégique et d'une position géographique qui l'est tout autant.

Si le fils de l'ancien Shah d'Iran Reza Pahlavi attise à distance les braises de la contestation avec l'espoir d'être rappelé au pouvoir en cas de chute des Mollahs, celui-ci est très loin de faire l'unanimité, le régime monarchique iranien n'ayant laissé aucun souvenir positif en Iran.


Concernée mais dépassée


Vigilance

La question de la succession se pose donc avec acuité mais à condition que la dite succession soit en adéquation avec les attentes internationales, nombreuses et précises : Accord sur le nucléaire, sur les exportations et l'exploitation du pétrole, sur le soutien au Hamas et au Hezbollah.

Autant de points sur lesquels les Occidentaux sont extrêmement vigilants car tout aussi détestable que soit le régime islamique iranien, celui-ci assure aussi une forme de stabilité régionale en dépit des difficultés rencontrées pour nouer, hier comme aujourd'hui, un dialogue constructif avec les Mollahs, notamment sur la question nucléaire ou sur la sécurité d'Israël.

La chute du régime qui serait une excellente alternative pour une immense majorité d'Iraniens, s'apparenterait aussi à un piège à double tranchant pour les Occidentaux, une boîte de Pandore mésopotamienne, car ne pouvant prévoir à ce jour qui prendra le pouvoir et quelles en seront ses orientations futures. L'on peut ainsi craindre que devant l'élan romantique d'une révolution sociale devenue impérieuse en Iran, les réalités géopolitiques n'éteignent les velléités libertaires d'une population iranienne globalement excédée. Sans endiguer la contestation ou la chute du régime, il apparaît de plus en plus clairement que les Occidentaux, prudents, ne feront rien pour précipiter la fin de la République islamique.


Se réinventer pour se sauver


 

Bio: Olivier Longhi possède une vaste expérience en histoire européenne. Journaliste chevronné avec quinze ans d'expérience, il est actuellement professeur d'histoire et de géographie à la région de Toulouse en France. Il a occupé divers postes dans le domaine de l'édition, notamment ceux de chef d'agence et de chef de l'édition. Journaliste, blogueur reconnu, éditorialiste et chef de projet éditorial, il a formé et dirigé des équipes éditoriales, a travaillé comme journaliste pour différentes stations de radio locales, consultant en presse et en édition et consultant en communication.

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