Le compte à rebours est lancé

La nécessité de boucler avant le 30 septembre le Projet de loi de Finances révèle combien l'Etat-Providence traverse une crise de croissance associée à une instrumentalisation de cedernier par des candidats à l'élection présidentielle, peu soucieux en apparence de l'intérêt général.

Voilà un sujet peu ragoûtant mais ô combien impérieux tant il met en évidence les faiblesses de l'Etat-Providence et révèle les appétits des prétendants à la charge suprême, à savoir le budget de la Nation. En d'autres temps, simple formalité législative qui aurait entériné les dépenses et les  recettes de l'État, le budget 2027, actuellement en préparation, suscite divers commentaires sur la manière dont le Premier Ministre va parvenir à le boucler.


Septembre noir

Car les obstacles sont légion : Croissance en berne, canicule et sécheresse aux effets dévastateurs sur la production agricole, crise énergétique avec un baril de pétrole qui joue aux montagnes russes, tensions géopolitiques multiples et chômage qui repart à la hausse, loin des promesses de plein emploi du Président de la République.

Pourtant, ces mêmes obstacles n'ont, par la passé, jamais réellement entravé l'élaboration du budget sauf que là, force est de constater, au regard de la dette actuelle, (3 565 milliards d'euros au 9 septembre 2026, soit près de 118,5 % du PIB qui s'élève à 2 646,7 milliards) que le volet dépense va devoir être étudié par les députés.


Le feu et la Raison


Les candidats à la présidence française passent sous silence les incendies de forêt et le réchauffement climatique

Logique

L'Impôt sur le revenu qui rapporte environ 95 milliards d'euros par an couvre à peine les intérêts de la dette estimée à 74 milliards d'euros pour 2026, (soit le premier poste de dépense après les pensions de retraite et supérieur au budget de la Défense.)

Dire que l'État-Providence est en crise s'avère donc un euphémisme, la logique imposant une réalité : l'État dépense trop. Pour autant, l'allégation, sommaire et décontextualisée, ne tient pas obligatoirement compte des nécessités sociales ou matérielles qui génèrent les dépenses constatées. Il serait alors plus juste d'avancer que l'État dépense mal les fonds publics. Le débat n'est pas nouveau mais hautement inflammable, et l'ouvrir consisterait à s'attaquer à la pertinence de la dépense publique car celle-ci impose de fait de s'intéresser à toutes les dépenses que l'État satisfait.

Un rapport de la Cours des Comptes publié en juillet établissait ainsi que les prestations sociales, sans devoir être remises en cause, devaient faire l'objet de plus de cohérence dans leur attribution et dans leur calcul. Il apparaît étonnant, en outre, que l'organisme chargé de passer au crible le bilan comptable de la nation ne soit jamais, ou très rarement, suivi, dans ses recommandations. La raison ?


Le maître et son discipline

Intérêt général

Justement le fait qu'il s'affranchisse de toutes conceptions et orientations politiques sur la question du budget, ce qui amène à constater combien le budget, qui devrait relever de l'intérêt général, est devenu l'otage, ce qui n'a rien de nouveau en soi mais qui prend actuellement une envergure autre, de la course à la l'élection présidentielle.

Entre Jean-Luc Mélenchon qui souhaite « brûler la dette » sans pour autant s'attaquer aux racines de celle-ci, Edouard Philippe qui veut allonger la durée d'activité pour sauver le régime des retraites, Marine Le Pen qui souhaite abaisser le taux de TVA sur l'énergie avec l'espoir de relancer la croissance et accroître le pouvoir d'achat des Français, entre autres propositions, aucun des prétendants à l'Elysée ne propose une nouvelle réflexion sur le fonctionnement global de l'État-Providence.

Que se dessine-t-il donc pour les mois à venir, le pays devant être doté d'un plan d'action financier au plus tard le 31 décembre 2026, le Projet de Loi de finance devant être déposé à l'Assemblée Nationale le 30 septembre prochain. Et si non ? Alors les volets Dépenses et Recettes resteront identiques à ceux qui prévalaient en 2026 et ce au risque de voir la dette s'envoler encore plus. Et de crise de l'Etat-Providence nous passerons à une crise financière voire de régime. Le compte à rebours est lancé...


Chaud et froid

 

Bio: Olivier Longhi possède une vaste expérience en histoire européenne. Journaliste chevronné avec quinze ans d'expérience, il est actuellement professeur d'histoire et de géographie à la région de Toulouse en France. Il a occupé divers postes dans le domaine de l'édition, notamment ceux de chef d'agence et de chef de l'édition. Journaliste, blogueur reconnu, éditorialiste et chef de projet éditorial, il a formé et dirigé des équipes éditoriales, a travaillé comme journaliste pour différentes stations de radio locales, consultant en presse et en édition et consultant en communication.

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